Une vue imprenable sur les alentours, une excellente exposition permettant d’en profiter pendant de long mois, un espace en plein air où il fait bon se détendre, se réunir ou encore travailler, en toute intimité. Le toit-terrasse rajoute un bel espace de vie extérieur de plus en plus prisé par les citadins à la recherche d’un écrin de verdure.
Vous rêver d’aménager un rooftop sur le toit de votre immeuble ou de votre maison ? Dans cet article je vous explique tout ce qu’il faut savoir pour transformer une toiture-terrasse en véritable jardin suspendu.
Vérifier la faisabilité technique
Avant de parler plantes, mobilier ou ambiance, il est indispensable de procéder à une analyse technique de la toiture. Sans une structure adaptée, l’aménagement d’un toit-terrasse peut devenir un cauchemar. L’aménagement d’une toiture-terrasse est soumise à des réglementations et des autorisations.
La portance
La première question à se poser : votre toiture peut-elle supporter un aménagement paysager ?
La portance du toit est un élément-clé à considérer. Elle détermine la quantité de charges maximum que la structure peut supporter. On parle ici de charge permanente (poids des revêtements, substrats, jardinières, plantes, etc.) et de charge d’exploitation (mobilier, utilisateurs, neige, vent…). Ces capacités sont précisées dans le DTU (Document Technique Unifié) 43.1 – étanchéité des toitures terrasses.
À titre indicatif : un toit classique peut supporter entre 100 et 250 kg/m², alors qu’un jardin dit « intensif » (strate arborée, strate arbustive et vivaces) peut nécessiter une charge admissible de plus de 1000 kg/m².
Il est indispensable de faire appel à un architecte, un bureau d’études structure ou à un ingénieur béton pour vérifier la charge admissible. Ne pas le faire, c’est prendre le risque d’affaissement ou de dommages sur la structure.
Pour une construction neuve, anticipez bien en amont cette notion de portance pour la budgéter et la dimensionner correctement.
1.2 L’étanchéité
La base indispensable de toute installation de toiture-terrasse. Un toit-terrasse végétalisé repose sur une étanchéité irréprochable.
Le complexe d’étanchéité doit intégrer :
- une membrane bitumineuse ou synthétique (type EPDM),
- une couche de protection (type natte ou géotextile) et parfois un pare-racines.
Références utiles : DTU 43.1 et DTU 20.12 pour les relevés d’étanchéité.
1.3 La gestion des eaux pluviales
La gestion des eaux pluviales est primordiale dans tout projet d’installation d’un toit-terrasse. L’eau ne doit pas stagner sur votre toit ! Une bonne gestion des eaux pluviales permet d’éviter l’infiltration, l’engorgement et la surcharge.
Quelques solutions techniques essentielles à toute gestion des eaux pluviales sur un toit-terrasse :
- Pentes minimum de 1,5 % vers les évacuations,
- Siphons de trop-plein,
- Systèmes de rétention d’eau ou drainages type Floradrain.
1.4 La réglementation
Avant de sortir les plans, vérifiez les règles d’urbanisme locales : le PLU parisien impose parfois des contraintes de hauteur, de matériaux, voire d’usage.
Si vous êtes en copropriété, il faut l’accord unanime en assemblée générale si des travaux touchent les parties communes.
Bâtiment classé ? Consultez les Architectes des Bâtiments de France.

2. Les normes de sécurité
2.1 Les accès
Un toit aménagé est un espace de vie, il doit donc être accessible de manière sécurisée pour ses usagers et le personnel en charge de la maintenance. En logement collectif, il faut respecter les normes d’accessibilité (PMR) si le toit devient un espace commun.
2.2 Les garde-corps
Indispensables dès qu’une chute de plus de 1 mètre est possible. Le garde-corps doit respecter la norme NF P01-012 : Hauteur minimum de 1 mètre, sans possibilité d’escalade (espacements verticaux < 11 cm) et résistance à la poussée réglementaire.
3. La vue et le vis-à-vis
À Paris, la vue sur les monuments historiques et les toits haussmanniens est un luxe. Mais il y a un point à ne pas négliger : le vis-à-vis.
Afin de profiter pleinement de son espace extérieur en toiture, il est important que l’aménagement de la terrasse prenne en compte les vis-à-vis à occulter ainsi que les vues à dégager. Créer des brise-vues avec des claustras, des jardinières, des végétaux ou encore des structures d’ombrage comme les pergolas permettent de créer un cocon à l’abri des regards tout en gardant des ouvertures sur les plus beaux paysages de la capitale.
4. Apporter de l’ombrage
L’été sur un toit parisien peut vite devenir une fournaise. Pour profiter pleinement de sa toiture-terrasse à Paris il est indispensable de prévoir de l’ombre.
Plusieurs solutions existent pour apporter de l’ombrage : Pergola bioclimatique, pergola végétalisée, voile d’ombrage, arbre en bac, structures pour plantes grimpantes… autant de solutions qui peuvent s’intégrer harmonieusement dans un projet d’aménagement paysager d’une toiture-terrasse pour en améliorer son confort durant l’été.
5. Une palette végétale adaptée
Un toit-terrasse parisien, c’est un milieu extrême : fort ensoleillement, vent violent, pollution, températures élevées, sol peu profond et hivers rigoureux. Des conditions difficiles pour les plantes. Pour un projet d’aménagement paysager pérenne il est indispensable de choisir une palette végétale adaptée avec des végétaux à la fois résistants et esthétiques.
Voici quelques plantes incontournables que j’installe couramment sur les toits-terrasses Parisiens et qui sont particulièrement adaptées à ces conditions difficiles :
- Les graminées à la fois souples, graphiques et résistantes telle que la Stipa tenuifolia ou la Stipa gigantea.
- Des vivaces robustes et décoratives comme les Euphorbia characias ou les Sedum.
- Des arbustes qui supportent bien la plantation en pot ou en bac comme les Pittosporums, les Lavandes et les Romarins.
- Des arbres de petit développement pour apporter de la hauteur et de l’ombrage tels que l’Olivier ou les Eucalyptus gunnii.
- Des plantes grimpantes pour habiller claustra, treillage et pergolas : le Jasmin étoilé (Trachelospermum jasminoides), la vigne (Vitis vinifera).
Conseils : Choisir des contenants assez grands et profonds pour contenir les plantes à maturité. Utiliser un substrat très drainant car la plupart de ces végétaux redoutent l’excès d’eau.
6. Des matériaux légers
Il est préférable de s’orienter vers des choix de matériaux légers afin de réduire la charge totale sur le toit-terrasse. Moins de charge c’est une meilleure longévité du toit et une facilitée de mise en œuvre et de maintenance.
Pour les contenants des végétaux on peut s’orienter vers des jardinières en fibre de verre, résine, aluminium ou plastique recyclé qui sont à la fois légères et résistantes aux UV et au gel. Il est préférable d’éviter les aménagements en béton qui sont à la fois lourds et difficilement démontables en cas de visite de l’étanchéité.
Les substrats doivent être adaptés à une utilisation en toiture. Il existe des substrats allégés spécialement conçus pour les aménagements paysagers sur dalle : à la fois légers, drainants et nutritifs. Ces substrats sont élaborés avec des minéraux comme des terres cuites, de la pouzzolane, de la perlite ou des argiles concassées et sont enrichis de matières organiques avec des copeaux de bois fins et du compost. Ces substrats techniques doivent être drainants tout en assurant une capacité optimale de rétention d’eau et un poids CME (Charge Maximale en Eau) allégé.
Les revêtements de sol ou d’habillage des aménagements paysagers aussi doivent être choisi en tenant compte de leur poids. Les choix peuvent s’orienter vers le bois composite (plus léger que le bois massif), des caillebotis en pin traité classe 4 ou en bois exotique FSC ou des dalles en Grès Céram posés sur plots réglables (évite le collage, facilite les visites de l’étanchéité et assure le drainage).
Enfin le mobilier et les objets de décorations doivent de préférence être légers et modulaires. Il est préférable d’éviter les éléments lourds, fixes et avec une faible emprise au sol (ce qui peut augmenter fortement la charge d’exploitation) sauf si votre étude de portance le permet.
7. À chacun sa toiture-terrasse
Un toit-terrasse d’immeuble et celui d’une maison individuelle n’ont ni les mêmes contraintes ni les mêmes usages.
- Sur un petit toit-terrasse privé (20-50 m²) on privilégie l’intimité, une ambiance cocon. On fait disparaitre les limites de la terrasse avec des plantes rigoureusement sélectionnées pour un effet d’agrandissement et on optimise les surfaces utiles pour y installer un transat, une table, des chaises…
- Sur une grande toiture (100 m² et plus) on peut envisager une vraie segmentation des espaces : zone repas, coin détente, espace récréatif, spa ou potager… Le tout en respectant les accès, la sécurité et éventuellement la cohabitation entre usagers dans le cas d’un espace partagé.
En résumé
Aménager un toit-terrasse à Paris, c’est marier technique et poésie, structure et végétal, règlementation et imagination. Ce projet demande rigueur, expertise et créativité, mais les résultats peuvent transformer radicalement votre qualité de vie urbaine et la valeur de votre bien immobilier.
Si vous souhaitez être accompagné dans l’aménagement d’une toiture-terrasse à Paris, n’hésitez pas à me contacter afin de concevoir, sécuriser et végétaliser votre terrasse avec élégance et durabilité.

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