Végétaux indigènes, exotiques ou horticoles : quelles plantes pour un jardin durable?

Dans le cadre de mon métier de paysagiste spécialisé dans les jardins urbains et les terrasses végétalisées à Paris, une question revient souvent : faut-il privilégier les plantes locales ou est-il préférable de choisir des espèces importées de l’étranger ? Pour répondre à cette interrogation, il est essentiel de comprendre les types de végétaux que l’on peut intégrer dans un projet paysager : les plantes indigènes, exotiques et horticoles. Et surtout, pourquoi les végétaux indigènes devraient occuper une place centrale dans tout aménagement.

Les jardins privés couvrent plus d’1 million d’hectares, soit près de 4 fois la superficie totale de toutes les réserves naturelles en France.

Les plantes indigènes : l’ossature vivante de nos écosystèmes

Un végétal indigène est une plante présente naturellement dans une région donnée depuis des siècles, en équilibre avec le climat, les sols et la faune locale. À Paris et en Île-de-France, cela inclut par exemple le cornouiller sanguin, la violette odorante ou le sureau noir. Ces plantes ont évolué avec notre biodiversité, ce qui les rend parfaitement adaptées aux pollinisateurs locaux, oiseaux, insectes et micro-organismes. Les plantes indigènes sont donc sauvages (par opposition aux horticoles) et locales (par opposition aux exotiques).

Pourquoi les intégrer à nos jardins urbains ?

  • Elles favorisent la biodiversité en nourrissant et hébergeant une faune locale en forte régression.
  • Elles sont résilientes : elles résistent mieux aux aléas climatiques et demandent peu d’arrosage ou de traitements.
  • Elles participent à l’identité paysagère locale, avec une esthétique naturelle et harmonieuse.

Dans tout projet de terrasse ou de jardin parisien, j’intègre systématiquement une base de végétaux indigènes. Cela permet non seulement de créer un espace vivant et écologique, mais aussi plus stable dans le temps.

Les plantes exotiques : un attrait visuel à manier avec précaution

Les plantes dites exotiques sont originaires d’autres régions du monde. Leur apparence singulière et leurs feuillages atypiques séduisent souvent : bambous, érables japonais, palmiers, etc.

Mais ces espèces, aussi décoratives soient-elles, n’apportent souvent aucune ressource aux insectes ou aux oiseaux locaux, car elles n’ont pas co-évolué avec eux. Certaines peuvent même devenir invasives, entrant en concurrence avec les espèces locales et perturbant les écosystèmes urbains fragiles.

👉 Mon conseil : les plantes exotiques peuvent être utilisées avec parcimonie comme touche décorative, mais ne doivent jamais constituer la majorité d’un jardin urbain si l’on vise un équilibre écologique.

Les plantes horticoles : belles mais parfois stériles

Enfin, les plantes horticoles sont issues de croisements ou de sélections humaines. Cultivées pour leurs fleurs, couleurs ou port particulier, elles sont très présentes dans les jardineries. Si elles ont une valeur ornementale indéniable, beaucoup sont pauvres en pollen ou nectar, voire stériles, et donc peu utiles à la faune.

Cela ne veut pas dire qu’il faut les exclure, mais les végétaux horticoles doivent être choisis avec discernement : certains cultivars mellifères ou peu transformés peuvent avoir un réel intérêt s’ils sont intégrés dans une composition plus naturelle.

Conclusion : pour un jardin esthétique et vivant

Dans mes projets paysagers à Paris, j’adopte une approche équilibrée. J’associe des plantes indigènes (essentielles à la biodiversité), quelques plantes exotiques (pour la structure ou l’originalité), et des végétaux horticoles soigneusement sélectionnés (pour l’effet visuel et les floraisons prolongées).

Un jardin urbain, même sur une petite terrasse, peut devenir un véritable refuge pour la biodiversité tout en étant beau et facile d’entretien. L’important, c’est de partir des plantes indigènes, car elles constituent la trame écologique des aménagements durables.

Je vous propose ci-dessous une sélection de végétaux indigènes adaptés aux jardins et terrasses parisiennes, disponibles sous le label « Végétal local«  auprès de pépiniéristes franciliens.

Exposition / contraintesTypeEspèce (nom latin / nom français)Intérêt paysager & écologique
Plein soleil, substrat drainé (bacs peu profonds ≥ 25 cm)Vivace couvre‑solSedum album – Orpin blancPort tapissant, tolère la sécheresse, floraison mellifère estivale.
Vivace aromatiqueAchillea millefolium – Achillée mille‑feuilleFloraison longue, tiges graphiques, nectar pour syrphes & papillons.
Vivace coloréeDianthus carthusianorum – Œillet des ChartreuxFleurs rose vif juin‑août, supporte la chaleur des toits.
Herbacée précocePotentilla verna – Potentille printanièreFleurs jaunes dès avril, premier apport de pollen.
Mi‑ombre / ombre claire (cours, terrasses nord)Couvre‑solViola odorata – Violette odoranteParfum, feuilles persistantes, nourrit les premières abeilles.
Vivace soupleGeranium robertianum – Géranium Herbe‑à‑RobertSupporte la concurrence racinaire, nectar pour les syrphes.
GraminéeCarex remota – Laîche distanteTexture légère, abrite arthropodes utiles.
Bacs moyens 40–80 L ou pleine terreArbuste fleuriCornus sanguinea – Cornouiller sanguinFloraison miellifère, baies pour oiseaux, rameaux rouges en hiver.
Arbuste fruitierRibes uva‑crispa – Groseillier à maquereauRécolte gourmande + nectar pour bourdons au printemps.
Arbuste graphiqueEuonymus europaeus – Fusain d’EuropeFeuillage rouge vif, capsules roses nutritives pour fauvettes.
Grands bacs ≥ 400 L / sol profondPetit arbreAmelanchier ovalis – Amélanchier à feuilles ovalesFloraison blanche en avril, baies comestibles très appréciées des merles.
Arbre d’alignementSorbus domestica – Alisier domestiqueSupporte la sécheresse urbaine, belles fructifications automnales.
Grimpantes (treillis ou garde‑corps)LianeClematis vitalba – Clématite des haiesFloraison parfumée, akènes plumés décoratifs, abri pour chrysomèles.
Liane mellifèreLonicera periclymenum – Chèvrefeuille des boisParfum soir / nuit, nectar pour papillons de nuit.

Quelques conseils de mise en œuvre de votre projet de plantation

  1. Commencez par ces indigènes : formez la trame de fond (≈ 50 % de la palette végétale). Elles assurent nectar, pollen et baies aux auxiliaires locaux tout en réclamant peu d’arrosage une fois installées ofb.gouv.fr.
  2. Complétez – avec parcimonie – par quelques exotiques ou cultivars horticoles pour apporter textures ou floraisons décalées, en veillant à éviter les espèces reconnues invasives (Buddleja davidii, Robinia pseudoacacia, etc.).
  3. Privilégiez des plants labellisés “Végétal local – Bassin parisien” : vous garantissez ainsi leur origine génétique francilienne et leur parfaite adaptation au microclimat parisien floriscope.io.
  4. Adaptez le contenant : profondeur minimale 25 cm pour vivaces, 40 cm pour arbustes, > 60 cm pour petits arbres ; prévoyez un drainage performant et un substrat riche en matière organique (30 % compost mûr).
  5. Suivez l’arrosage les deux premières saisons. Ensuite, les indigènes se contentent des précipitations habituelles d’Île‑de‑France.

Besoin d’un plan de plantation détaillé ou d’un devis pour votre jardin ou terrasse ?

Je peux réaliser un plan d’implantation adapté à l’orientation, la surface et le style souhaité – ainsi que vous orienter vers des pépiniéristes franciliens spécialisés. N’hésitez pas à me contacter pour élaborer ensemble votre coin de paradis.

Publié par Mickaël

Paysagiste spécialisé dans la conception, la réalisation et l'entretien de terrasses et jardins haut de gamme pour les particuliers et les entreprises à Paris et en Ile-de-France. Après avoir exercé pendant plusieurs années en tant qu'ingénieur informatique au service de grands comptes, en 2013 j'ai décidé de vivre de ma passion et d'entamer une reconversion professionnelle. J'ai suivi une formation de paysagiste à l'école Agrocampus Ouest d'Angers et aujourd'hui je pratique ce métier avec créativité depuis plus de 10 ans.

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